jeudi 19 février 2009

Du niveau d'anglais


Sur mon CV, je marque "Anglais: courant". Je me sens fondée à mettre ce niveau, par rapport à mes longs séjours en pays anglophones et à mon goût pour cette langue. On peut me questionner sur des sujets professionnels ou personnels, je réponds sans problème, dans un anglais convenable, sans être parfaitement bilingue.

Néanmoins, en entretien, personne ne me pose la moindre question à ce sujet. On me demande juste "Vous parlez anglais?" et je réponds "oui" et la discussion s'arrête là. Ils pourraient aussi bien me dire "Vous parlez swahili?", je pourrais faire la même réponse. La grande majorité des recruteurs n'ose pas tester les candidats en anglais, même si leurs clients exigent un anglais courant. Pourquoi? Tout simplement, ils s'en sentent incapables. La majorité ont un niveau ridicule et les autres sont dans ce travers bien français de ne pas se lancer à parler une autre langue que la leur.

C'est dommage. Nous avons à l'étranger une réputation de comprendre l'anglais mais de ne pas savoir nous exprimer.

La faute à un enseignement où l'oral n'a pas sa place. Un bachelier est incapable d'aligner 3 phrases, surtout dans un langage familier, après 5 à 7 ans de cours. Mais comment apprendre les langues dans des classes de 25 à 38 élèves comme l'impose le système scolaire français? C'est impossible. Heureusement que mes compatriotes sont les plus nombreux à participer aux échanges Erasmus, cela compense un peu notre misère linguistique.

Et à ceux qui, au nom de la défense du français, s'opposent à ou freinent la diffusion de programmes américains ou britanniques en version originale à la télé française, je leur dis qu'ils sont en complet décalage avec les exigences de notre époque. Au Danemark, les programmes ne sont pas doublés (ce sacrilège) et les Danois s'expriment parfaitement en anglais. Cela ne les empêche pas de parler danois tout à fait correctement. Leur langue n'a pas disparu!


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